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Hyacinthe Rigaud (Perpignan 1659 – Paris 1743)

François de Monestay, Marquis de Chazeron

Huile sur toile

75 x 60cm

En 1688, François de Monestay (1617-1697) se voit décorer de l'ordre le plus prestigieux de la monarchie française : celui du Saint Esprit. Cet événement couronne une longue carrière militaire. Successivement Lieutenant de gardes du corps du roi et lieutenant général des armées du roi, il finit par se voir octroyer par Louis XIV, la lieutenance générale du Roussillon et le gouvernement de Brest.

 

Arrivé au fait de sa carrière, le marquis de Chazeron commande son portrait à Hyacinthe Rigaud.

Cet artiste de formation languedocienne, arrive à Paris en 1681 après un bref séjour Lyonnais. Dès l'année suivante il gagne le premier prix de peinture de l'Académie royale qui lui donne le droit de se rendre à Rome en qualité de pensionnaire. Il renonce à cet avantage sur les conseils de Charles Lebrun qui, admiratif de ses portraits, lui recommande de s'y consacrer pleinement.

Sa carrière connaît dès lors une ascension fulgurante. Lorsqu'il est sollicité pour notre tableau, il vient de réaliser le portrait de Monsieur, frère de Louis XIV, marquant ainsi le début d'une longue série de commandes pour la famille royale et la grande noblesse.

 

Son livre de raison mentionne « le marquis de Chazeron » en 16881. Ce portrait coûte la somme de 111 livres et 5 sols. Ce prix correspond à l'époque dans l'échelle de l'artiste à un portrait en buste, tandis que les grands formats (jusqu'aux genoux) se négocient plutôt dans les 200 livres.

Originellement ovale, notre tableau est modifié et devient rectangulaire. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer cette transformation.

Parfois l'artiste exécute uniquement le visage de son modèle et laisse terminer le tableau par son atelier, qui peut alors inclure l'oeuvre initiale dans un format plus grand.

Mais il est plus vraisemblable, Rigaud n'ayant pas encore d'assistant en 1688, que le marquis ait lui-même demandé cette modification. Ayant d'abord passé commande d'un portrait ovale, il le fait modifier afin de faire figurer sur son armure le cordon bleu de l'ordre du Saint Esprit, qu'il ne reçoit que le 31 décembre 1688.

 

Cette œuvre frappe d'emblée par son incroyable qualité de facture. La vérité des traits est soutenue par la justesse des carnations et la force du regard. D'une grande intensité psychologique, il permet de comprendre la véritable révolution qu'opère Rigaud dans l'art du portrait. Pleinement appliquée ici, cette formule lui vaut une immense notoriété pendant plusieurs décennies, au point qu'il ait peint les effigies des Bourbons sur quatre générations.

Nous remercions Madame Ariane James-Sarrazin qui, après examen de l'oeuvre, en a confirmé l'authenticité et l’inclura dans son catalogue raisonné à paraître.

Nous la remercions également pour les éléments précieux qu'elle nous a fournit pour l'élaboration de cette notice

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