DSC_7988_00023.jpg

Julien-Adolphe Duvocelle (Lille 1873 - Corbeil Essonne 1961)

Femme aux yeux clos

Huile sur toile

41,5 x 33 cm

Signé en bas à gauche: J Duvocelle

Julien Duvocelle est un artiste qui ne cesse de nous surprendre à chaque fois que l’une de ses oeuvres réapparaît. Pourtant de formation classique, d’abord chez le peintre Pharaon de Winter à Lille, puis à Paris à l’École des Beaux-Arts dans l’atelier de Léon Bonnat, rien au début de son apprentissage ne laisse supposer sa production ultérieure.

 

Il participe au Salon des artistes français à partir de 1897 et dès lors sa peinture devient progressivement plus sombre, plus angoissée. Les titres des œuvres qu’il présente en témoignent : Une Veuve (1901), Lassitude (1902), l’Attente (1903), l’Inquiète (1908), Méditation (1909), ou encore Résignation (1914).

 

Il développe également un goût pour les sujets morbides, où des crânes aux yeux exorbités s’invitent dans des scènes macabres comme dans le dessin conservé au musée d’Orsay[1].

Paradoxalement, durant cette même période, les portraits qu’il réalise de son épouse et de ses enfants en bas âge montrent une grande douceur mêlée de sensualité, un univers intime qui semble préservé.

 

Mais le public ne connaît vraisemblablement pas cet autre aspect de l’artiste et ne l’associe qu’à des oeuvres plus proches de notre tableau.

 

Ici une femme est représentée à mi-corps les yeux clos, un bandeau sur la tête. Peinte en camaïeux de brun, seuls le visage et le cou se détachent du fond. Est-ce la vision d’une malade diaphane? D’une défunte apparaissant dans une vision? L’image mets mal à l’aise. Presque malsaine, elle engendre une forme de dégoût.

 

Au même titre que certaines oeuvres symbolistes, cette production très personnelle ne trouve rapidement qu’un écho limité auprès du public et l’artiste sombre dans l’oubli dès la fin de la première guerre mondiale.

Cela explique en partie les difficultés que l’on peut rencontrer aujourd’hui à documenter sa carrière. Toutefois notre galerie ambitionne de réaliser une exposition monographique qui permettrait de le faire découvrir au plus grand nombre et de mesurer l’originalité de cet artiste inclassable.

[1] Crâne aux yeux exorbités et mains agrippés à un mur, crayon et fusain (R.F. 44338)

Prix sur demande

Pour toute demande d'information complémentaire,

n'hésitez pas à nous contacter